« Anor des origines à son rattachement à la France »

«  Anor des origines à son  rattachement à la France  »

 

II existe une obscurité complète sur l’histoire des premiers temps d’Anor. L’abondance d’une eau saine, les profondes et giboyeuses forêts environnantes y ont certainement fixé comme dans les environs quelques familles celtiques refoulées plus tard par les Belges ou Kymris.

Deux siècles avant Jésus-Christ, une de ces familles celti­ques nomades, les Nerviens, traversa la Meuse et sétablit dans la partie nord de la gaule comprise entre la Meuse et l’Escaut. Tout l’Avesnois actuel n’était alors qu’une région sauvage, cou­verte de forêts et de marécages. Les Nerviens, réputés pour leurs mœurs barbares, étaient des guerriers braves, farouches et indé­pendants. Mais ils savaient aussi être des agriculteurs paisibles vivant du produit de leurs champs, de la pêche et de la chasse. Ils avaient, dit un historien local, Monsieur Isidore Lebeau,la taille haute et bien proportionnée, les membres nerveux, les che­veux d’un blond ardent, la démarche altière, les mouvements brus­ques, la voix forte et menaçante.

Leurs demeures étaient des huttes circulaires, couvertes de paille et de roseaux et montées sur des pieux. Ils se proté­geaient du froid avec des peaux de chiens et de loups, mais ils couchaient le plus souvent à même la terre. Leurs vêtements consistaient en tuniques bigarrées, de diverses couleurs, en une sorte de pantalon appelé braie, et en manteaux, ou saies, qui s’agrafaient sur l’épaule.

Leurs armes consistaient en une lourde épée et en une longue pique recourbée en forme d’hameçon. Ils se servaient de ces armes pour se battre et pour chasser le loup, l’élan et l’auroch dans la grande forêt de Thiérache. Ils n’avaient de la Divinité que les notions les plus imparfaites. Pour eux, le grand, le terrible, l’admirable, c’était Dieu.

Lors de la conquête romaine, ils opposèrent une vaillante résistance aux légions de César et compromirent même son occu­pation en Gaule, mais ils furent décimés dans la bataille qui se livra en 54 avant Jésus-Christ sur les bords de la Sambre (ou de la selle), non loin de l’emplacement actuel de la ville d’Hautmont. Dès lors la Nervie, comme tout le nord de la Gaule, fit partie de l’Empire Romain.

La période de l’occupation romaine correspond alors à une in­tense activité civilisatrice, les Romains introduisant en Gaule leurs techniques et leur goût artistique. De plus ils civilisent les Nerviens asservis et les font même entrer dans les légions romaines. C’est d’ailleurs en partie grâce aux Nerviens que César put écraser Pompée en 48 avant Jésus-Christ.

Des vestiges assez bien conservés sont encore visibles à Anor comme témoins de l’influence romaine. Romains et gallo-Romains fondèrent à Anor des établissements fixes : comme vestiges, il y a lieu de citer en premier ce qu’on appelle dans le pays les « retr­anchements romains ». Il existe en effet dans la forêt domaniale de Saint Michel, en face de la Neuve Forge et de Milourd, le long de l’Oise au lieu-dit la Carrière Houdelette, de profondes excava­tions au sommet desquelles on remarque des espèces de retranchem­ents. Ces retranchements sont les vestiges des carrières exploitées dans les bancs d’arkose pour la fabrication des meules, si l’on en croît une étude sérieuse faite par la Société archéolo­gique de Vervins. On remarque au sommet de l’une d’entre elles les restes d’un mur épais fait de pierres et de rognons de grès aggl­omérés par un ciment dur. Ce mur est l’oeuvre des Gallo-Romains. L’actuelle route Anor-Trélon s’étendait vraisemblablement jusqu’à Avesnes. De même, des ouvriers découvrirent en 1813, près du Hameau de la Lobiette, les vestiges d’une chaussée romaine. Cette chau­ssée passait à l’extrémité des retranchements ou carrières de Macquenoise et faisait communiquer à travers bois Castrices (Mézières) et le Camp romain d’Avesnelles.

L’importance de la civilisation romaine est rendue d’autant plus sûre qu’on trouve de très nombreux vestiges dans toute la région.

Une particularité existe toutefois à Macquenoise ; ce sont les restes curieux du château fort construit à peu près au centre des carrières. L’origine de ce château fort est restée probléma­tique. Etait-il gallo-romain comme pouvaient le faire supposer les objets de cette époque trouvés dans les environs, ou fut-il édifié par Jacques d’Avesnes, comme le pense Dom Lelong de Saint Michel, le savant historien du diocèse de Laon. C’est ce qui n’a pas encore été résolu de manière suffisante.

La prospérité que les Romains avaient apportée dans le pays des Nerviens ne fut qu’éphémère. Au III ème siècle en effet, des Barbares germains, préfiguration des Huns futurs, envahirent tout le nord-est de la Gaule et en particulier le pays nervien. Ces barbares incendièrent et détruisirent absolument tout sur leur passage, non sans avoir au préalable pillé et massacré la population. Anor et les environs revinrent alors rapidement à leur état primitif, comme lors de la conquête romaine. Le pays fut bientôt recouvert par la forêt charbonnière que l’on retrou­ve en partie dans la Thiérache actuelle.

Anor resta ainsi dans cet état jusqu’auV ème siècle, date de la conquête franque. A cette époque, l’Avesnois actuel était contrôlé par Ragnacaire, roi franc installé à Cambrai. Clovis, soucieux de se débarrasser d’un conçurent dangereux, le tua par ruse et étendit son contrôle sur tout le nord-est de la France, en 496. Les rares habitants du territoire d’Anor, pen­dant la période gallo-romaine, avaient certainement fini par adopter les dieux de Rome: or les Francs vont étouffer ces croyances et le christianisme naissant dans nos contrées. Le véritable apôtre de la Thiérache et de la Fagne fut Saint Ursmer ou Ursmar, né au Petit Floyon, aujourd’hui Fontenelle, commune du département de l’Aisne. Il fut pourvu par Pépin d’Heristal du revenu de l’abbaye de Lobbes et nommé sur sa recommandation évêque régionnaire. Ursmer fit bâtir des églises et ses prédi­cations eurent beaucoup de succès.

Sous la première race des rois francs, Anor fit partie de 1′Austrasie.

Aux septième et VIII ème siècles, le christianisme prend le pas sur la barbarie franque. Les moines bâtissent de nombreuses abbayes, tandis que des nouveaux villages se groupent autour de chacune d’entre elles. Anor en particulier dépend à ce moment de l’abbaye de Liessies. L’influence des moines a été importan­te ; ils ont en effet appris aux habitants d’Anor à exploiter les carrières pour faire des meules, à l’exemple des Romains. De plus, ils leur ont permis de défricher le sol en partie et d’y implanter quelques maigres cultures, avec le concours des eaux.

Anor va peu à peu s’organiser sous la direction des moines pour atteindre une activité maxima à l’époque carolingienne. La population s’accroît, tandis que les terres en friche diminuent progressivement.

Ce bel essor d’Anor sera à nouveau stoppé brutalement lors des invasions normandes du milieu du IXème siècle. Les Nor­mands vinrent-ils à Anor ? Rien ne permet de l’affirmer, quoi­que leur présence dans les environs soit certaine. En 840, ils pillèrent et ruinèrent les abbayes de Wallers et de Maroilles ; cette dernière fut incendiée. En 88l, ils saccagèrent l’abbaye et le bourg de Maubeuge, puis l’abbaye de Liessies.

Entre temps, l’Empire de Charlemagne avait été partagé au Traité de Verdun (843) entre les trois fils de l’Empereur, Charles le Chauve, Lothaire et Louis le Germanique. A cette date, Anor fit partie de la Lotharingie, mais pour peu de temps. En effet, à la suite de la mort de Lothaire, Anor fut rattaché à la France de Charles le Chauve en 870, au traité de Mersen, puis rattaché à la Germanie en 879. Les incursions normandes et ces changements successifs nuisirent beaucoup à l’activité d’Anor.

Le Hainaut, jadis habité par les Nerviens, tire peut être son nom de la Haine, rivière de Belgique et de France: en 880, il forma un comté englobant Anor, comté dont le premier possesseur connu fut Rainier au Long Cou, mort en 916. Le Hainaut fut par la suite gouverné par les descendants de Rainier qui surent gar­der cette prérogative jusqu’à l’an 1037, date de la mort de Rainier V. Entre temps, en 953, le comte de Hainaut eut à repous­ser une invasion des Hongrois de Conrad de Lorraine ; ceux-ci, qui menaçaient Bavay, furent néanmoins rapidement exterminés.

De 1037 à 1216, le Hainaut va être placé sous le contrôle de la dynastie des Bauduins. En 1072, Bauduin II de Jérusalem, comte de Hainaut, le mit sous la mouvance (redevance) de l’évêque de Liège. En 119I, le comté de Flandre ayant été dévolu à Bauduin  » Le Courageux « , ses successeurs prirent le titre de « Comtes de Flandre et de Hainaut ».

Après l’extinction de la dynastie des Bauduins en 1216, le Hainaut sombra dans une période assez trouble, dont nous ne savons pas grand chose. Ce n’est qu’en 1246 que Saint Louis accorda la tutelle du Hainaut à Bouchard d’Avesnes et à Marguerite de Hai­naut, qui étaient alors les vassaux du roi de France.

En 1356, à la suite du mariage d’une fille de la lignée de Bouchard d’Avesnes avec un prince de Bavière, le Hainaut devint vassal de l’état de Bavière?

En 1436, année de la mort de Jacqueline de Bavière, le Hai­naut passa dans la maison de Bourgogne par l’abandon qu’en 1428 cette princesse en avait fait au profit de Philippe le Bon. Dès lors, le Hainaut ne compta plus que comme province du duché de Bourgogne.

En 1477, après la mort de Charles le Téméraire devant Nancy, il entra dans la maison d’Autriche ; en 1495 dans la maison d’Espagne, par le mariage de Philippe le Beau, fils de Maximilien d’Autriche, avec Jeanne d’Aragon, fille de Ferdinand d’Aragon et d’Isabelle de Castille.

A la mort de son grand-père, Ferdinand d’Aragon, survenue en 1516, Charles-Quint fut roi d’Espagne et conséquemment maître du Hainaut.

Cette province fut un des théâtres de la lutte que se livra François Ier et la maison d’Autriche. En 1544, la paix de Crespy signée entre Charles-Quint et François 1er laissait le Hainaut à la maison d’Autriche.

En 1556, le Hainaut sera soumis à nouveau au contrôle de l’Espagne et occupé par les Espagnols. Anor restera terre espa­gnole jusqu’à Louis XIV. Il faudra attendre le 17 Sept. 1678 pour qu’Anor redevienne définitivement terre française par suite du traité de Nimègue.

 

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