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Les lieux Fortifiés :

Les lieux Fortifiés  :

Avant de nous occuper des faits de guerre dont le sol d’Anor fut le théâtre, il convient de faire connaître les moyens de défense opposés aux envahisseurs ?

En premier lieu, nous devons signaler la forteresse construite par Nicolas d’Avesnes, vers le milieu du XIIéme siècle et dont nous avons précédemment parlé. Elle s’élevait au bas de la bour­gade sur le bord est d’un vaste étang formé d’une retenue d’eau de la rivière l’Anor, au-dessous de laquelle fut édifié un moulin. Son enceinte affectait la forme d’un carré ; elle était formée d’un mur en pierres, épais et crénelé ; il était flanqué de neuf tours, dont une à chacun de ses angles.

Elle était d’une importance telle au point de vue de la dé­fense, que le seigneur d’Avesnes y entretenait une garnison dont le chef avait le titre de châtelain et dont le ressort s’étendait sur Fourmies et Wignehies. La demeure du châtelain ne pouvait manquer du confort de l’époque, car elle avait de temps à autre pour hôtes le seigneur d’Avesnes et sa suite. Un arrentement du 17 février 1509 , de la forge et de l’étang d’Anor, porte qu’il sera livré au preneur chaque année, trois muids de blanc bois dans la Haie d’Anor, d’où réserve par le seigneur

«  s’il voulloit aller tenir et demeurer au dit Anor prendre pourra, pour sa chauffe à son bon plaisir ».

Les seigneurs d’Avesnes n’ont jamais habité leur château d’ANOR quoiqu’il fût important. C’était avant tout un poste de défense à l’extrême limite de leurs possessions. C’est à l’abri de ce château que les habitations se sont élevées. Le châtelain qui le commandait et le surveillait était un officier qui exerçait à la fois les fonctions civiles et

militaires. Comme capitaine, il commandait le château ; comme magistrat, il administrait la justice, soit par lui-même, soit par un lieutenant.

Le 24 septembre 1399, le comte d’Ostrevent, plus tard comte de Hainaut sous le nom de Guillaume VI, lequel épousa Marguerite fille de Philippe le Hardi duc de Bourgogne, étant en voyage avec sa femme, vint dîner à Anor, certainement au château.

Au VIéme siècle, les vicissitudes qu’avait subies le châ­teau au cours des guerres amenèrent son démantèlement en 1554. Il resta dans l’abandon; le châtelain fut alors remplacé par un prévôt  » de la ville franche d’Anor « .

Pendant ce temps le pays se hérissait de lieux fortifiés, églises, châteaux, maisons fortes avec leurs tours crénelées, leurs murailles à meurtrières, leurs fossés profonds et leurs pont-levis. Ce n’étaient donc partout que place d’armes et lieux de refuge où, en cas d’alarme, les paysans se retiraient momentanément avec leurs bestiaux et ce qu’ils avaient de plus précieux. Les Anoriens, ne pouvant plus compter sur leur Seigneur: durent par eux-mêmes chercher à se ménager un lieu de refuge. En 1578, les «  mayeurs, échevins,   jurez et manants de la franche ville d’Anor »  demandèrent donc à Philippe de Croy, sei­gneur d’Avesnes, l’autorisation d’ériger un bon fort contre les «  cources, invations et pilleries des ennemys » Leur demande reçut un accueil   favorable, mais à titre onéreux, on le sait. On alloua aux habitants un espace de six vingt verges (50 ares) pour « y   bastir et mastuquer leur fort », ceci le 15 juillet 1578.

En 1607, une vue d’Anor nous montre que le fort était édifié, mais non lé  » maisonnage  » qu’il devait renfermer. Sa surface embrassait l’emplacement du presbytère actuel. L’édifice était rectangulaire, flanqué de trois tours aux angles sud-est, nord-est et nord-ouest ; l’angle sud-ouest comprenait deux tours iné­gales surmontées d’un toit fort aigu servant de donjon. Les murs étaient percés de deux rangées de meurtrières.

La porte d’entrée était pratiquée au milieu de la muraille du levant ;  elle était défendue par un mur semi-circulaire, dit tam­bour, dans lequel devait se mouvoir une herse. Un mur avec porte basse fermait entièrement la cour du côté du midi.

Vers 1765, les murs de ce château fort étaient encore en fort bon état ; on voyait les quatres tours aux quatre coins du château. En 1823, on distinguait encore un rempart de l’ancien château seigneurial. En 1843, il n’en restait que quelques débris. Le rez-de-chaussée et la grosse tour du sud-ouest ont survécu jusqu’à 1907. La voûte se trouvait au niveau du sol du jardin du presbytère.  Lors de nouvelles constructions, on dut faire sauter à la dynamite les restes de ce château- fort ; le mortier était plus dur que la pierre employée. Le mur avait 2,25 m d’épaisseur, la tour 4 m de diamètre.

On a respecté aujourd’hui les vestiges d’une galerie voûtée reliant l’ancienne tour à la porte d’entrée du fort. Cette ga­lerie servait de casemate et de sortie en cas de siège.

Publié dans:Les lieux Fortifiés |on 12 juillet, 2014 |Pas de commentaires »

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