Archive pour la catégorie 'Les Guerres à Anor du XIV au XVII Siècles'

Les Guerres à Anor du XIV au XVII Siècles

Les Guerres à  Anor du XIV  au XVII Siècles

La situation d’Anor aux confins du Hainaut l’exposa à toutes les horreurs des guerres qui ont fondu sur le pays du XIV au XVII ème siècle.

Et d’abord la Guerre de Cent Ans dont les débuts, à n’en pas douter, furent funestes à Anor. Pour se venger des ravages commis en Picardie et dans la Thiérache, le roi de France, Philip­pe de Valois, ordonna de châtier la ville de Chimay, appartenant à Jean de Hainaut, allié des Anglais. Le sire de Coucy, le sire de Vervins, le vidame de Chalons et d’autres chevaliers réunirent secrètement au moins 500 armures de fer et

« vinrent une matinée devant la ville de Chimay (1379) et cueillirent toute la proie dont ils trouvèrent grand’foison, car les gens du pays ne se don­naient garde et ne Guidassent (croyaient) que les Français dussent passer si avant, ni chevaucher outre les bois de Thiérache. Mais si firent et ardirent (brûlèrent) tous les faubourgs de Chimay, et grand’foison de villages là environ et presque toute la terre de Chimay, excepté les forteresses et puis se retrairent à Aubenton en Thiérache et là départèrent-ils partageant leur pillage et leur butin »

A cette époque, le village de Féron voisin d’Anor fut détruit et eut ses bestiaux enlevés. Il en fut certainement de même pour Anor.

La peste noire qui sévit pendant quatre ans (1347-1351) amena forcément une trêve entre la France et l’Angleterre. Cette terri­ble maladie fut  » très contagieuse et des plus meurtrières ; le venin était si malin qu’il infectait même la vue « . Il est resté à peine le tiers des habitants dans le Hainaut.

La querelle des Armagnacs et des Bourguignons, l’invasion de la France par les Anglais, amenèrent la formation de bandes de partisans qui, après la paix conclue à Arras en 1435, ravagèrent le Hainaut : une troupe de 2000 cavaliers s’avança même jusqu’à Chimay. C’étaient des pillards qui méritaient le titre d’écorcheurs. Ils apparurent à n’en pas douter à Anor.  » Les ravages, au dire du doyen Tellier , faits en temps de paix par des soldats qui avai­ent détruit le monde jusqu’à la chemise , ont fait fuir les habi­tants des villages de la terre de Chimay et occasionnèrent que les terres ne furent pas cultivées « .

La lutte de Louis XI contre Charles le Téméraire fut à son tour très préjudiciable à Anor. D’après un vieux chroniqueur, le territoire fut le théâtre d’un combat entre les deux armées. Mais c’est après la mort du Téméraire, tué devant Nancy le 5 janvier 1477, Que la situation de notre commune devint horrible. Louis XI avait voué le Hainaut à la destruction ; n’oublions pas que cette province faisait alors partie des états bourguignons. Le mariage de la fille et héritière de Charles le Téméraire avec Maximilien d’Autriche avait déjoué ses projets ; son exaspération devint alors extrême. Il abandonna donc cette province à tous les excès d’une soldatesque effrénée et, afin que la famine y tuât les malheureux échappés au fer et aux flammes, il fit couper les blés verts par des faucheurs venus exprès des environs de Paris, les habitants d’Avesnes, qui avaient essayé de résister, furent tous, sauf dix-sept à qui il imposa une forte rançon, passés au fil de l’épée ; la ville fut détruite et les fortifica­tions rasées. Les habitants d’Anor furent obligés de s’enfuir dans les bois pour éviter d’être égorgés. On se demande de quoi ils purent y vivre. La famine se déclara parmi les populations échappées au massacre et se prolongea dans le Hainaut pendant l’hiver 1480-1481 qui fut  » aspre et angoisseux  » et pendant lequel la gelée fut si forte que peu de jeunes blés résistèrent.

 

Le successeur de Louis XI, Charles VIII, continua la lutte contre   Maximilien d’Autriche. Les garnisons des forts des pays frontières, tant en France qu’aux Pays-Bas, alléchées par l’appât du pillage, faisaient des courses continuelles sur les terres ennemies, emportant tout le butin qui leur tombait sous la main. Quand les habitants n’étaient pas trop surpris, ils se hâtaient de se retirer dans leurs forts avec leurs bestiaux et tout ce qu’ils pouvaient emporter.

Voici un trait qui peint on ne peut mieux l’époque et qui dut avoir sa répercussion à Anor : le 11 août 1492, les garnisons de Vervins, Montcornet et Aubenton, soit 60 cavaliers et 120 piétons, font irruption dans le Hainaut et s’avancent jusqu’à Liessies; chemin faisant, elles font un énorme butin, et prennent la route pour rentrer en France. Elles arrivent à Féron, et malgré le bétail qu’elles emmènent, malgré les meubles et les bagages dont elles sont chargées, se mettent à piller le village. Philippot Potier, capitaine d’Avesnes, qui en a connaissance, assemble à la hâte ses gens d’armes, monte à cheval avec 24 compagnons et informe le prévôt d’Etroeungt de ce qui se passe. Celui-ci, sans perdre une minute, assemble les gens d’armes de sa commune au nombre de 200 hommes de pied et de 7 ou 8 cavaliers. Des éclaireurs sont envoyés à Féron reconnaître l’ennemi; aussi la troupe prend la résolution de lui couper la retraite en avançant sans bruit, par des chemins couverts et peu fréquentés. Elle se place en embuscade entre le Franc-bois et Wignehies. A l’arrivée des Français, les gens d’Etroeungt s’élancent, les attaquent avec tant d’impétuosité qu’ils se voient obligés d’abandonner leur butin et leurs prisonniers. Les Français eurent un homme tué, 12 faits prisonniers et perdirent plus de cent fusils. Ils furent pourcha­ssés à plus de deux lieues, sans que nos gens aient essuyé la moindre perte.

En cette même année, Chimay fut pris d’assaut et occupé par l’armée française. La garnison étant inoccupée, selon la triste habitude de l’époque, se mit à parcourir et à ravager tous les environs.

La lutte héroïque que soutint François 1er contre Charles Quint amena à son tour d’affreuses calamités sur les contées sous la domination des deux souverains rivaux. Dès le début de cette lutte, les châteaux d’Anor et de la Lobiette tombèrent au pouvoir des Français. Les garnisons qui les occupaient agirent comme aupara­vant, parcourant les alentours, pillant, dévastant, incendiant, enlevant tout ce qu’il était possible d’emporter ou d’entraîner. Ces châteaux, ainsi que ceux de Trélon, Glageon, Fourmies, Féron, formaient un cordon défensif auquel François 1er opposa la forte­resse de La Capelle dont les fondements furent jetés en 1529.

Tous ces châteaux, dont ceux d’Anor, ne rentrèrent sous la domination espagnole qu’en 1529, lors de la paix de Cambrai.

Sur la. fin de mai 1543, François 1er entre dans le Hainaut à la tête d’une armée de 40 000 hommes, s’emparant de Trélon, Glageon, Etroeungt, et autres places, dont vraisemblablement Anor. Le chro­niqueur Martin du Bellay, dit de Trélon et de Glageon « qu’après avoir fait butiner aux soldats ce qui y estoit, le sieur de Bouneval, qui commandait, fit brûler lesdites places sans autrement ruiner la fortification, sinon abattre les portes ». Il est certain qu’il n’a pas agi autrement à Anor.

François 1er étant mort en 1547, Henri II, son fils, continua la lutte contre Charles Quint. Sorti de Sedan, où la fatigue et une indisposition l’avaient retenu, il entra en Hainaut en 1552 en passant par Mézières, Etréaupont, etc. Le 9 juillet, il était à La Flamengrie. Il s’empara de Chimay, d’Anor, de Glageon, etc… Glageon et Trélon servaient de retraite à des brigands passant la frontière et pillant ; il en était de même en ce qui concerne les troupes cantonnées dans les forts d’Anor. Les forts d’Anor, et en particulier celui de la Lobiette, furent bombardés, assiégés et complètement rasés ; leurs garnisons furent massacrées.

Antoine de Croy, comte de Roeulx, reprit Anor l’année suivante. Si on en croit les Mémoires du Maréchal de Vielleville qui avait un commandement dans l’armée du roi de France, les batailles de l’é­poque étaient très pittoresques. Il n’était pas rare que des pay­sans, prêtres, femmes, grimpés dans les arbres et dissimulés dans le feuillage ne tirent  » arquebuzades et garrots d’arbalestres  » sur ceux qui passaient. Les soldats abattaient l’arbre au canon et massacraient ses hôtes aériens. Lors de la prise de Glageon, des soldats français furent surpris en train d’éventrer les cada­vres de Bourguignons, pensant que ces derniers avaient avalé leur or avant de mourir. Les soldats pris sur le fait furent pendus sur ordre du général.

Ce général, apparemment humanitaire, n’hésita pas à faire massacrer tous les ennemis qu’il rencontrait. Aussi les habitants d’Anor n’avaient qu’un souci : échapper par la fuite au général qui les faisait froidement égorger ou aux soldats qui,forcément, pillaient, volaient, tuaient ou étripaient .Ils se vengeaient de temps à autre comme nous l’indique le maréchal, et pillaient alors consciencieusement les convois militaires.

L’importance stratégique des châteaux de Trélon, Glageon, Anor engagea Charles Quint à les rétablir ; mais en 1554, le connétable de Montmorency et le duc de Vendôme s’emparèrent de nouveau des châteaux d’Anor et de la Lobiette pour les détruire encore. Le moulin qui se trouvait en dessous de la forteresse d’Anor fut brûlé et remplacé plus tard par une forge.

Les forteresses furent encore une fois mises en état de défen­se ; mais vinrent les Guerres de Religion qui attristèrent à leur tour les Anoriens. Le Maréchal de Balagny, qui occupait Cambrai, ne cessait de faire des tentatives sur le château d’Anor et sur les environs, toutefois en vain, avec un ramassis de vagabonds appelés   » culs-tout-nuds  » ; tout se bornait généralement à des pilleries dont les produits le plus souvent étaient emportés à Marle (Aisne).

A cette époque malheureuse, on vit tant de meurtres horribles que les loups, attirés par l’odeur des cadavres sans sépulture, étaient d’une audace inouïe ; ils se montraient par troupes en si grand nombre qu’on ne put parvenir à les détruire tous. On n’osait plus sortir des maisons. Le seigneur subit également cette misère, à tel point qu’il vendit une partie de ses terres ; le cahier de doléances présenté en 1588 aux Etats de Blois par la ville de Guise dit que les habitants des campagnes sont obligés  » de paître l’herbe des champs comme des bêtes brutes « .

C’est pourtant dans ces temps troublés que fut construite la forge de la Neuve-Forge, protégée par le château fort du même nom. Ce nom de   » Neuve-Forge  » lui fut donné par opposition à celle située au dessous du Château d’Anor.

Les Anoriens eurent encore beaucoup à souffrir de la part des ligueurs en 1589. On rapporte qu’à cette date Henri IV fit rava­ger toute la contée depuis la Sambre jusqu’à Anor.

A  cette heure néfaste, les meilleures raisons n’étaient même pas écoutées, tout était sacrifié à la fureur des partis et, quoi­que se tenant à l’écart, les malheureux habitants en étaient tou­jours les victimes. Les troupes royales ayant occupé les châteaux de la Lobiette et de la Neuve-Forge de 1589 à 1593, leurs souf­frances furent quelque peu allégées.

La tradition rapporte que les Français employèrent une ruse de guerre sortant de l’ordinaire pour conquérir le fort de la Neuve-Forge. Ils peignirent de noir quelques porcs et les lâch­èrent dans le bois. Les gardiens de la forteresse crurent à une bonne aubaine et, sans aucune méfiance, partirent en chasse contre les pseudo sangliers. Mal leur en prit : les Français embusqués fran­chirent l’entrée du château et s’y défendirent si bien qu’il resta, en leur possession.

En cette époque malheureuse, la population était constamment sur le qui-vive car des bandes pillardes franchissaient continuel­lement les frontières. Le meunier Ravaux, dans le but d’empêcher les Français d’aborder le coeur de la ville sans éveiller l’alarme avait bâti dans le  » biez  » du moulin un petit fort sur quatre piliers de bois. S’y mettant en embuscade, il gardait les chemins venant de France, car le château fort d’Anor avait déjà été démoli. Les Anoriens, on le sait, reçurent en 1578 de Philippe III de Croy l’autorisation de rebâtir un fort, achevé en 1600.

La paix signée à Vervins, le 2 Mai 1598, rendit un peu de calme au pays. Il en avait le plus pressant besoin, d’autant plus qu’aux maux de guerre s’étaient jointes la peste et la fa­mine.

La copie ci-dessous d’un document de l’époque va nous rensei­gner sur les dégâts commis à Anor au cours de cette période.

 

A Monseigneur le comte de Sore, Baron de Molembais ,

chevalier de l’ordre de la Toison d’Or , etc.,        à Mons.

«  Monseigneur,

Nous avons sy bien muni nos boys de Tirasse de gens, de  retranchements et hays que les reitres de Mansfelt n’y ont osé mordre, ils ont ensuyte de mes dernières, disné ce jourd’hui à Ruminy et Aubenton, qu’ils ont bruslé pour la collation, et sont arrivés à la giste, aux environs d’Irson, distant demy lieue d’Anor, pays de Haynaut, ils font estat d’entrer du costé d’Estroengt ou Montreuil. Je m’achemine à l’instant avecq les trouppes quy me restent, du costé dudit Anor; sy espérons, avecq les paysans qu’avons ramassé, de tous costés, empescher qu’ils ne passeront plus bas que les boys d’Avesnes. Votre excellence fera bien de faire haster les trouppes de don Gonzalve et de les faire cheminer droit par le pont-du-loup sur Maubeuge, où ils se pourront voir les ungs les autres.

J’ay cela d’ung gentilhomme françoys, quy a cheminé cinq lieu, cejourd’huy, avecq leur armée.

L’armée des dits reitres est encore composée de cinq mil chevaux et du moins d’autant d’infanterie.

De penser que pourrons faire quelque effet avecq noz paysans hors des boys, c’est abus, sy ne somes appuyé de quelque cavaillerie. A l’instant que j’éscris la présente, Ion me advise qu’ils ont bruslé Saint-Michiel. »

Des bois de la Tirasse, ce 25 Août 1622, a onze heures de nuit.

Les mayeur et échevins d’Anor ont laissé des textes rendant compte de la misère excessive.

«  Nous Maire et échevins d’Anor certifions que suivant la ruine de noz pauvres villaiges à cause des guerres nous avons taxé chacun de nous assez à la rigueur attendant la réparation ».

Aux archives de Trélon, on trouve un document du 30 avril 1596, par lequel le corps échevinal et les jurés déclarent  » qu’à cause des guerres, il y a impossibilité de tailler les manants de Trélon, dans la crainte de les faire s’ab­senter de leurs maison « .

La période française de la Guerre de Trente Ans raviva les souffrances. Le duc de Bouillon, qui s’était mis dans les rangs des huguenots, appela à son secours le duc Christian de Brunswick et Ernest de Mansfeld qui commandaient une armée de mercenaires protestants allemands.

Leurs troupes pénétrèrent dans le Hainaut en 1622. Le fort de Fourmies résista victorieusement à leurs attaques, de même que la redoute du Trou-Féron. Les forts d’Anor, de la Lobiette et de la Neuve-Forge, rebâtis, furent ravagés à nouveau. Une dépêche de Jean de Robaulx (voir plus haut), gouverneur de Beaumont, qui s’était jeté dans le bois de Thiérache avec des troupes et des paysans pour affronter l’envahisseur, nous apprend que le 25 août 1622 il se dirige avec son armée vers Anor.

La France fut contrainte de suivre la politique du Cardinal de Richelieu qui, quoique prince de l’Eglise, s’allia aux protestants d’Allemagne contre la maison d’Autriche. Il reprit donc la lutte engagée par François 1er contre Charles Quint et, le 14 Mai 1635, par le ministère d’un héraut d’armes, Louis XIII déclara la guerre à l’Espagne et à l’Autriche.

Les villages de la frontière avaient soit construit des forts, soit fortifié leurs églises comme Féron et Fourmies. Ces défenses étaient gardées par des garnisons espagnoles. Fin février 1636, le comte de Pouche, capi­taine d’une compagnie de chevau-légers de la garnison d’Avesnes, préleva sur la garnison de la ville de Landrecies et sur celles des forts de Prisches, Féron, Fourmies et Anor un certain nombre d’hommes pour faire une reconnaissance en France : ces troupes régulières étaient appuyées par quelque 500 paysans de la milice du Hainaut. Cette reconnaissance fut repoussée par des troupes retirées de la Capelle. Le bétail, les prisonniers et tout le butin pris par les Espagnols fut récupéré par les Français. Ces derniers perdirent un homme, les Espagnols quatre cent. Avec la reprise de la guerre apparut un fléau nouveau, la peste, qui ayant sévi en Thiérache fin 1635, décima la population frontalière. Beaucoup de malheureux se perdirent dans les bois, sans aucun secours.

Pendant la campagne de 1637, le commandement en chef de l’ar­mée fut donné au Cardinal de la Valette. La campagne débuta par la prise d’Hirson qui fut pris d’assaut le 12 juin par Turenne. Etroeungt, Landrecies, puis La Capelle occupées par les Espagnols depuis juillet 1636 tombèrent tour à tour.

Le marquis de La Férte-Imbault, maréchal de camp, fut détaché de l’armée de siège avec deux régiments pour prendre les forts de Glageon, Trélon et de la Lobiette. Ces trois forteresses reçurent une petite garnison française. L’année suivante, les Bourguignons reprirent aux Français les trois châteaux.

En mai 1640, une partie de l’armée française entre dans le Hainaut par la Lobiette , Anor et Momignies. Elle s’empare des deux châteaux. Ces troupes, commandées par La Ferté Senneterre et la Meilleraie, se livrèrent au pillage dans tous les environs. Les habitants, exaspérés, leur opposèrent en vain une vive résistance. Les châ­teaux de la Lobiette et d’Anor rentrèrent donc sous la domination française, mais pas pour longtemps. En 1642, Anor fut encore envahi par la cavalerie du comte d’Harcourt qui, au sortir de Vervins, fit irruption dans le Hainaut en ravageant tout sur son passage.

La situation matérielle des habitants était catastrophique; les gens, privés de tout, tombaient d’inanition. On mangeait des fruits gâtés, des racines, des écorces.Certaines herbes qu’on réduisait en purée. Les riches mangeaient du pain de son. Les habitations avaient été incendiées, les biens pillés. Pauvres et riches en étaient réduits aux mêmes extrémités. On rencontrait sur les che­mins des squelettes, des cadavres sans sépultures; les chiens affamés, en bandes, se jetaient sur les passants pour les dévorer. Le paysan réparait sa chaumière avec quelques branches et un peu de paille; mais il devait s’enfuir à l’approche de l’armée.

Lors de ses courses en 1651 dans le Hainaut, le général Rose (ou Rosen), qui commandait les troupes allemandes au service de la France pendant les guerres de la Fronde tenta vainement de s’emparer du château de la Lobiette occupé par Jacob de la Lobbe, son propri­étaire. Quelques jours plus tard, Caruel, commandant d’Hirson, s’en empara par trahison  » en prenant les dehors de l’amitié pour s’en faire ouvrir les portes « . Il le fit raser complètement.

L’année 1653 amena à Anor le grand Turenne qui, ayant appris que le gros de l’armée espagnole se concentrait à Trélon, Glageon, Chimay et les environs, partit à sa poursuite. Il apprit à Anor que ses ennemis s’étaient retirés et se contenta de démanteler la forteresse qui ne fut pas relevée. Le presbytère est bâti sur son emplacement. Le vestige le plus important qui reste de la forte­resse est le rez-de-chaussée parfaitement conservé d’une tour. Il est enclavé dans le sous-sol d’une maison particulière.

La paix de Nimègue mit fin aux hostilités et Anor fut rattaché dès lors à la France.

L'ATELIER NOMADE |
Mes premières créations |
plume d'ange |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | studioaerogaz
| psykotronik
| EME PEINTRE