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Le sol d’Anor

Le sol d’Anor

La voie ferrée Aulnoye-Hirson traverse un massif de schistes cambriens, dit massif de Rocroi, entre Milourd et Hirson; ces schistes sont très redressés, plissés; d’une façon générale leur pendage est Nord-Sud. Le plissement des schistes et quartzites atteste d’un ridement énergique auquel les géologues ont donné le nom de calédonien (1).

Dévorien (2). Au début du Dévorien, la mer recouvre les terrains cambriens qui forment donc le fond d’une sorte de bassin de dépôt dont la limite septentrionale devait passer, d’après J. Gosselet, immédiate­ment au Sud de Valenciennes et dont le bord méridional reste encore à préciser. Le même géologue a donné le nom de Bassin de Dînant à cette dépression, occupée successivement par la mer du Dévonien et du Carbonifère: les dépôts dévoniens et carbonifères sont superposés et les terrains primaires les plus récents affleurent dans la région même de Dinant-sur-Meuse et d’Avesnes-sur-Helpe; ces deux villes jalonnent approximativement la ligne médiane du Bassin de Dînant, qui constitue ce que les géologues appellent un géosynclinal: bassin de dépôt qui s’approfondit au fur et à mesure que de nouveaux sédiments se super­posent aux anciens.

Les dépôts du Dévorien inférieur qui marquent le retour de la mer sont très détritiques et grossiers: ce sont des poudingues quartzeux, dont les galets proviennent des quartzites cambriens (on en voit des affleurements à Mondrepuis) ; des arkoses ou grès feldspathiques. par­fois rosés, dont on faisait jadis des meules de moulins (Milourd) ; des grès durs, blancs ou rosés (grès d’Anor), qui sont exploités dans la région d’Anor-Mondrepuis et dont les dômes ou bombements réguliers donnent un aspect tout spécial à cette zone Anor-Momignies.

Le dévorien moyen a encore dans la région un faciès schisto-gréseux. Cependant, à Fourmies même, on observe des bancs de calcaires. « La ville de Fourmies, écrit J. Gosselet, est construite sur une bande de schistes à calcéoles, dans un pli de grauwackes. On y trouve deux masses calcaires: l’une autrefois exploitée à l’Est de la station, l’autre au Ranguillies, hameau de Wignehies… » (3).

Les grauwackes sont des sortes de grès calcareux décalcifiés; les calcéoles sont des fossiles marins qui abondent clans les terrains contemporains de l’Eifel. Les schistes qui contiennent le minerai de fer oligiste, autrefois exploité à Ohain, Couplevoie, Momignies, se placent sous les grauwackes.

Dès l’Eifelien on constate donc la formation de calcaires, mais c’est sur­tout durant le Givétien, étage suivant du Dévonien moyen, que la mer

(1) Calédonien, i. e. d’Ecosse. (2 Du Devonshire (S. O. Angleterre). (3) L’Ardenne, p. 408.

Entre Hirson et Milourd, la voie ferrée Aulnoye-Hirson coupe obli­quement les quartzites et phyllades; quelques carrières sont ouvertes dans ces bancs près du Pont-de-Blangy, aux abords de la vallée de l’Oise. La promenade dans cette vallée encaissée est à recommander au géologue qui trouvera parmi les galets des débris des terrains pri­maires (cambrien et dévonien intérieur) que l’Oise entame et traverse depuis sa source à Forges-les-Chimay (Belgique). L’amateur de jolis coins très pittoresques s’arrêtera avec plaisir devant la petite cascade de Blangy, surtout s’il a soin de choisir une de ces belles journées d’arrière-saison, quand les derniers rayons d’automne multiplient les teintes nuancées des feuillages.

2.  Grès d’Anor

Le faciès gréseux du Dévonien inférieur est remarquablement déve­loppé sous le territoire d’Anor, en bordure du massif cambrien de Rocroi. Le grès d’Anor très dur, passe au quartzite; il est de couleur grise, blanche ou rosée, très feldspathique (1) et par altération, comme l’a noté J. Gosselet (2) il donne un sable gris blanchâtre souvent mélangé d’argile blanche. A l’Est d’Anor les grés dessinent quelques plis» On peut observer un pli bien régulier de bancs presque horizontaux dans la carrière du Ris-de-Bon-feu, expl­oitée pour l’empierrement des routes par M.Blavet, les grès sont blancs ou rosés. Les carrières les plus importantes sont celles du bois du Hautty ou Franc Bois (Mondrepuis) entre Fourmies et Mondrepuis.  L’exploitation, interrompue pendant la guerre, vient d’être reprise par M.Mercier. En octobre 1925 on exploite les grès quartzites sous une épaisseur d’une dizaine de mètres et à la profondeur de 30 mètres. Les bancs sont verticaux ; les quartzites et schistes intercalés dessinent des plis en S ; les grès dont la teinte est grise, blanche ou bleutée, sont très durs; d’Est en Ouest on peut les exploiter à plusieurs niveaux; un gisement de quartzite existe aussi à 400 mètres au Sud des carrières actuellement ouvertes

(1)  Les feldspaths  sont des silicates doubles d’aluminium et de potassium, sodium ou calcium.

(2) J. Gosselet, l’Ardenne, p. 276.

 

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Epoques

Terrain

Subdivisions des Terrains

Nature des

Matériaux

Localité

Usages

primaire

Dévoniens

inférieur

Coblencien

Grés

Anor

Empierrements, macadam,

mœllons et pavés.

 

primaire

Dévoniens

inférieur

Gédinnien

Arkoses

Milourd

Meules (autrefois)

 

Publié dans:le sol d'Anor |on 13 juillet, 2014 |Pas de commentaires »

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